Hier soir, je soupais avec des amis. En parlant avec l’un d’eux, j’ai encore une fois entendu une histoire. Une histoire que j’entend trop souvent et dont personne n’ose parler.

Est-ce que tu connais l’histoire du père (j’ai pas encore entendu l’histoire avec des mamans, alors désolée messieurs!) qui trouve que sa relève ne travaille pas assez fort?

Laisse-moi te la raconter. Le père a fondé l’entreprise. Il a travaillé d’arrache pied pour assurer la survie de son entreprise. Il a tout fait. Cette entreprise, il l’a bâtit de ses mains. Il en connaît tous les recoins. Il y a mis tout son coeur, il a pris des risques, il a fait des sacrifices. Aujourd’hui, si cette entreprise est assez solide pour passer entre les mains d’une deuxième génération, c’est grâce à lui. Les cicatrices, il les a toutes.

Souvent, la relève familiale n’a pas vu beaucoup son père dans sa jeunesse. Le père a toujours travaillé 80 heures par semaine.

Lorsque la relève joint l’entreprise familiale, elle(il) sait que les chaussures ne seront pas faciles à chausser.

Elle(il) s’investit à 120%. Les heures, elle(il) les fait, elle(il) ne les compte pas. Son coeur et son âme sont prêts à tout pour relever le défi, soit assurer la pérennité de l’entreprise familiale.

Les années passent. Le père est toujours aussi présent. Il ne fait pas de place à sa relève. Dans certains cas, le père reproche à sa relève d’avoir la vie trop facile, de ne pas être prêt, car il n’a pas vécu le chemin de croix que lui a dû vivre.

Les tensions augmentent. La relève se demande si elle(il) est folle(fou). Le temps passe, mais rien ne s’améliore. La relève qui rêvait de reprendre l’entreprise familiale commence à penser que pour préserver sa relation avec son père, elle(il) devra quitter l’entreprise pour voler de ses propres ailes.

Des histoires comme ça, j’en entends trop souvent. Le scénario est toujours le même.

Des histoires comme ça, ça me met en colère.

Quand est-ce qu’on va commencer à dire haut et fort que le rôle d’une deuxième génération, ce n’est pas le même que celui de la première génération?

La première génération était là pour bâtir. La deuxième génération est là pour innover.

Bâtir et innover, ce sont deux défis complètement différents, mais tout aussi cruciaux dans la vie d’une entreprise.

Le passé n’est pas garant du futur.

La première génération et la deuxième génération doivent travailler ENSEMBLE. Ce n’est pas un concours. Les egos n’ont pas leur place.

Quand est-ce que nos entreprises vont cesser d’être gérer par des egos?

Est-ce acceptable que de belles PME québécoises, avec des relèves prometteuses meurent car l’ego prenait le dessus sur la raison?

Non. Ces histoires d’horreur, il y en a à la douzaine. Personne n’en parle.

Ouvrons les yeux. Que pouvons-nous faire pour éviter ces histoires?